Communiqué de presse de la Confédération CFTC concernant la réforme des retraites

Pantin, Mercredi 11 décembre 2019

COMMUNIQUÉ CFTC

RÉFORME DES RETRAITES : LA CFTC APPELLE À LA MOBILISATION LE 17 DÉCEMBRE

Les annonces ce jour du Premier ministre sur la réforme des retraites n’ont pas convaincu la CFTC. Réunis en conseil confédéral cette après midi, ses dirigeants ont diversement apprécié les mesures explicitées par Edouard Philippe. Si le sentiment d’avoir été entendu l’emporte pour une partie du discours, d’autres annonces sur des points pourtant essentiels laissent un goût amer.

À titre d’exemple, la CFTC accueille favorablement les annonces en matière de droits familiaux. Le futur système accorderait des points supplémentaires pour chaque enfant et ce dès le 1er enfant. Une majoration de 5 % qui serait accordée à la mère, sauf choix contraire des parents avec 2% supplémentaire pour les familles de trois enfants.

D’autres annonces témoignent également du fait que le gouvernement a acté la nécessité d’engager des concertations avec les représentants des secteurs concernés. S’il s’agit de favoriser un déploiement du nouveau système sans conséquences brutales pour les travailleurs et sans effets néfastes pour les niveaux de pensions de certains, la CFTC ne peut être que d’accord.

Concernant la gouvernance du futur système, la CFTC a revendiqué durant toute la concertation une voix déterminante pour les partenaires sociaux, rappelant la gestion responsable et efficace de ces derniers dans le cadre des caisses de retraite complémentaire. Afin de retrouver la confiance de nos concitoyens, le projet de loi devra formuler des règles simples et stables de pilotage du futur système. Il devra surtout garantir aux partenaires sociaux un rôle clé dans la gestion des paramètres essentiels.

Sur ce point, les annonces du jour inquiètent la CFTC. Si le Premier ministre entend bien confier aux partenaires sociaux la fixation et l’évolution de la valeur du point, il fixe dès à présent un âge d’équilibre en ne laissant aux partenaires sociaux que le soin d’en définir les modalités.

Fixer dès aujourd’hui cet âge-cible et le calendrier pour l’atteindre augure mal du rôle attribué aux partenaires sociaux. Le souvenir encore proche et douloureux de la feuille de route fixée par le gouvernement pour la réforme de l’assurance chômage fait craindre le pire à la CFTC.

Autre point de crispation : le peu de précisions apportées sur la prise en compte de la pénibilité . Rien, dans les propos du Premier ministre, ne garantit que toutes les situations de travail réellement pénibles donneront lieu à compensation et ce, quels que soient les statuts.

En conséquence, le conseil confédéral a voté la participation de la CFTC à une mobilisation le 17 décembre. Tout en rappelant son adhésion au principe d’un régime universel par points, elle donnera comme mot d’ordre à cette participation :

1- Le refus de l’âge pivot tel qu’annoncé par le Premier Ministre avant même la mise en place de la future gouvernance

2- L’exigence d’une prise en compte de toutes les situations de travail réellement pénibles comme devant donner lieu à compensation quels que soient les statuts.

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Réforme des retraites : ça va secouer !

A l’heure où les regards sont tournés vers la réforme des cotisations salariales engagées par l’état, on aurait presque oublié qu’un autre bouleversement de taille se profile sur le plan des cotisations sociales… La fusion des régimes de retraites complémentaires des salariés du privé : l’Agirc pour les cadres et l’Arrco pour l’ensemble des salariés.

Qu’est-il prévu précisément pour janvier 2019 ?

Une fusion des deux régimes :

  • les taux et les assiettes de cotisation seront désormais les mêmes pour tous les salariés ;
  • les cadres n’auront plus qu’un seul régime complémentaire au lieu de deux actuellement.

Une augmentation du “taux d’appel” des cotisations prélevées sur les salaires.

Actuellement, sur 125 euros cotisés, seuls 100 euros génèrent des droits à la retraite, le reste servant à équilibrer les comptes des régimes. Soit un “taux d’appel” de 125%. En 2019, ce ratio passera à 127%.

Le remplacement, par 2 nouvelles contributions « d’équilibre », de la garantie minimale de points, la contribution exceptionnelle et temporaire et la cotisation AGFF avec comme conséquence, là encore, une hausse des cotisations sur les salaires.

Mais abordons le point subtil de cette réforme, caché dans la mise en place du coefficient dit « de solidarité » : Les salariés du privé, nés à compter de 1957, décidant de partir à la retraite à l’âge minimum légal de 62 ans et qui ont tous leurs trimestres de cotisation nécessaires, se verront appliquer un malus de 10% sur leurs pensions complémentaires durant trois ans.

Ceux qui décaleront leur départ à la retraite bénéficieront pendant 1 an d’un bonus de :

  • 10% pour 2 ans de décalage (départ à 64 ans) ;
  • 20% pour 3 ans de décalage (départ à 65 ans) ;
  • 30% pour 4 ans de décalage (départ à 66 ans).

C’est donc à 63 ans, avec tous vos trimestres, que vous pourrez prétendre à une retraite à taux plein. C’est ça la nouveauté : l’idée de l’âge pivot défendu par le Medef !

Et cet âge là, 63 ans, pourrait augmenter à l’avenir. En effet, demain pour avoir son taux plein vous partirez peut-être à 64, 65, 66 ans ou plus. Bien que le gouvernement refuse de parler d’âge pivot, Agnès Buzyn, la ministre chargée des retraites, invitée du Grand Jury RTL, Le Figaro, LCI du 21 octobre 2018, n’a pas formellement rejeté ce principe :

Afin de minimiser l’impact de cette réforme sur vos futures retraites, la CFTC ENGIE demande à la direction d’ENGIE l’ouverture d’une négociation dont les objectifs seront :

  • de généraliser l’accès de tous les dispositifs retraite du Groupe et de ses entités à tous les salariés d’ENGIE et de ses entités ;
  • la mise en place d’un accord et plan d’action Groupe pour maintenir en activité les salariés séniors.

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Une Economie déboussolée !

Oxfam France et le BASIC (Bureau d’Analyse Sociétale pour une Information Citoyenne) ont publié une étude inédite sur le partage de la richesse au sein des entreprises du CAC40, mettant en lumière une tendance lourde dans les choix économiques de ces grandes entreprises qui contribuent à alimenter la spirale des inégalités. En effet, les richesses n’ont jamais été aussi mal partagées depuis la crise au sein des grands groupes, qui choisissent délibérément une course aux résultats de court terme pour conforter les actionnaires et les grands patrons au détriment des salariés et de l’investissement”, a dénoncé Manon Aubry, porte-parole d’Oxfam France.

ArcelorMittal, Engie et Veolia sont, dans l’ordre, ceux ayant les taux les plus élevés de redistribution des bénéfices en dividendes aux actionnaires, soulignent les deux ONG.