Réforme des retraites : ça va secouer !

A l’heure où les regards sont tournés vers la réforme des cotisations salariales engagées par l’état, on aurait presque oublié qu’un autre bouleversement de taille se profile sur le plan des cotisations sociales… La fusion des régimes de retraites complémentaires des salariés du privé : l’Agirc pour les cadres et l’Arrco pour l’ensemble des salariés.

Qu’est-il prévu précisément pour janvier 2019 ?

Une fusion des deux régimes :

  • les taux et les assiettes de cotisation seront désormais les mêmes pour tous les salariés ;
  • les cadres n’auront plus qu’un seul régime complémentaire au lieu de deux actuellement.

Une augmentation du “taux d’appel” des cotisations prélevées sur les salaires.

Actuellement, sur 125 euros cotisés, seuls 100 euros génèrent des droits à la retraite, le reste servant à équilibrer les comptes des régimes. Soit un “taux d’appel” de 125%. En 2019, ce ratio passera à 127%.

Le remplacement, par 2 nouvelles contributions « d’équilibre », de la garantie minimale de points, la contribution exceptionnelle et temporaire et la cotisation AGFF avec comme conséquence, là encore, une hausse des cotisations sur les salaires.

Mais abordons le point subtil de cette réforme, caché dans la mise en place du coefficient dit « de solidarité » : Les salariés du privé, nés à compter de 1957, décidant de partir à la retraite à l’âge minimum légal de 62 ans et qui ont tous leurs trimestres de cotisation nécessaires, se verront appliquer un malus de 10% sur leurs pensions complémentaires durant trois ans.

Ceux qui décaleront leur départ à la retraite bénéficieront pendant 1 an d’un bonus de :

  • 10% pour 2 ans de décalage (départ à 64 ans) ;
  • 20% pour 3 ans de décalage (départ à 65 ans) ;
  • 30% pour 4 ans de décalage (départ à 66 ans).

C’est donc à 63 ans, avec tous vos trimestres, que vous pourrez prétendre à une retraite à taux plein. C’est ça la nouveauté : l’idée de l’âge pivot défendu par le Medef !

Et cet âge là, 63 ans, pourrait augmenter à l’avenir. En effet, demain pour avoir son taux plein vous partirez peut-être à 64, 65, 66 ans ou plus. Bien que le gouvernement refuse de parler d’âge pivot, Agnès Buzyn, la ministre chargée des retraites, invitée du Grand Jury RTL, Le Figaro, LCI du 21 octobre 2018, n’a pas formellement rejeté ce principe :

Afin de minimiser l’impact de cette réforme sur vos futures retraites, la CFTC ENGIE demande à la direction d’ENGIE l’ouverture d’une négociation dont les objectifs seront :

  • de généraliser l’accès de tous les dispositifs retraite du Groupe et de ses entités à tous les salariés d’ENGIE et de ses entités ;
  • la mise en place d’un accord et plan d’action Groupe pour maintenir en activité les salariés séniors.

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Une Economie déboussolée !

Oxfam France et le BASIC (Bureau d’Analyse Sociétale pour une Information Citoyenne) ont publié une étude inédite sur le partage de la richesse au sein des entreprises du CAC40, mettant en lumière une tendance lourde dans les choix économiques de ces grandes entreprises qui contribuent à alimenter la spirale des inégalités. En effet, les richesses n’ont jamais été aussi mal partagées depuis la crise au sein des grands groupes, qui choisissent délibérément une course aux résultats de court terme pour conforter les actionnaires et les grands patrons au détriment des salariés et de l’investissement”, a dénoncé Manon Aubry, porte-parole d’Oxfam France.

ArcelorMittal, Engie et Veolia sont, dans l’ordre, ceux ayant les taux les plus élevés de redistribution des bénéfices en dividendes aux actionnaires, soulignent les deux ONG.