Comité d’Entreprise Européen ENGIE du 9 septembre : présentation de la nouvelle orientation stratégique du Groupe par la Direction d’ENGIE

À l’occasion du Comité Européen du 9 septembre, Jean-Pierre CLAMADIEU, Président du Conseil d’Administration d’ENGIE, Claire WAYSAND, Directrice Générale par intérim, ainsi que l’équipe de Direction sont venus présenter la nouvelle orientation stratégique du Groupe.

Accès au communiqué du Comité d’Entreprise Européen ENGIE du 11 septembre 2020

Sans remettre en cause la volonté d’être un leader de la transition énergétique et du zéro carbone, le Conseil d’Administration souhaite une autre approche de la stratégie en réorganisant en profondeur le Groupe.

Comme annoncé depuis plusieurs semaines dans la presse et confirmé le 31 juillet lors de la présentation des résultats du Groupe, la restructuration toucherait en masse ENGIE SOLUTIONS.

Cette orientation vient d’être confirmée de la manière suivante :

  • ENGIE, plus exactement “NEW ENGIE”, garderait son activité d’énergéticien et des services associés. Les infrastructures, les réseaux, la production d’énergie, verte de préférence ou bas carbone, la maintenance et la performance énergétique resteraient au sein d’ENGIE ;
  • Les autres activités telles que les installations électriques et climatiques, la rénovation des bâtiments ou tout ce qui touche au multi technique partiraient dans une nouvelle société nommée pour le moment “NEWS SOLUTIONS ” . Cette société sera-t-elle valorisée en bourse ou sera-t-elle rattachée à un autre grand groupe ? Il semble que la décision ne soit pas totalement prise, mais cela pourrait concerner 70 000 salariés du Groupe dans le monde ;
  • Enfin, quelques activités comme la maintenance dans le nucléaire, la gestion des musées, des prisons, une partie du FM pourraient être purement et simplement vendues. À ce stade, le nombre de salariés impactés reste encore flou.

Cette restructuration ne sera pas sans impact sur l’emploi. Néanmoins, il faudra attendre les décisions finales pour en mesurer les conséquences, notamment sur les activités du CORP, de GBS dont l’IT ou d’autres fonctions centrales.

La nouvelle organisation devrait être présentée aux partenaires sociaux début 2021.

Pour se faire, un nouveau plan de cession va être élaboré. Les manœuvres ont déjà commencé avec l’offre d’achat de VEOLIA, d’un peu moins de 30% des parts de SUEZ actuellement détenues par ENGIE.

Au-delà du côté anxiogène d’une telle réorganisation pour les salariés, il s’agit de balayer d’un revers de main 10 ans de construction d’un Groupe issu de la fusion de Gaz de France et de SUEZ.

Pour la CFTC, c’est la fin de la philosophie “ONE COMPANY”. Au-delà du côté affectif et de l’histoire de cette fusion, il va surtout falloir faire en sorte que les premières victimes ne soient pas les salariés des entités d’ENGIE Solutions, d’ENGIE GBS et d’ENGIE IT ainsi que des CORPORATES.

La CFTC considère que cette volonté unilatérale de se séparer d’ENGIE SOLIUTIONS, créée il n’y a même pas un an, est une vraie trahison du pacte de confiance qui régissait les relations entre les organisations syndicales et l’ancienne direction d’ENGIE.

Il serait crédule et naïf de croire qu’il s’agisse d’une décision sans séquelle pour les salariés même si la volonté affichée du Groupe, est de préserver l’emploi. Cela ressemble beaucoup plus à une décision arbitraire du Conseil d’Administration afin de faire remonter le cours de l’action.
À moins qu’il ne s’agisse d’une première étape avant de nouvelles fusions. L’avenir nous le dira !

Finalement, cela donne l’impression que Gaz de France renait, avec quelques activités complémentaires.
Ce qui nous vient à l’esprit est : “Que de temps perdu”!

L’ancienne équipe dirigeante souhaitait créer un nouveau modèle de service, la nouvelle revient à un modèle industriel d’énergéticien.

Le hic est que les salariés n’avaient pas tous totalement digéré et intégré ce nouveau modèle, le fameux “ONE COMPANY”. Et pourtant, on leur explique désormais que c’est fini, que les services vont vivre leur vie, dans leur coin, avec une stratégie qui leur sera propre.

De plus, la crise de gouvernance dont souffre le Groupe depuis plusieurs mois, illustrée par l’absence de Direction Générale, bien qu’il y ait des intérimaires en place, ne facilite pas le dialogue et laisse perplexe la CFTC.

Quel est l’objectif final de ce revirement stratégique ? Officiellement, une simplification du Groupe…!

N’oublions pas que tout cela se fait avec la bénédiction du Président de la République : la loi PACTE laissant la porte ouverte à de nombreux changements dans l’énergie… Changements qui viennent s’ajouter à la volonté de l’Etat de vendre ses actions ENGIE. Mais pour cela, le cours de l’action doit remonter…!

À ce stade, il est encore tôt pour estimer toutes les conséquences humaines, l’impact éventuel sur les emplois et les conséquences sociales.

Devant autant d’incertitudes et d’incompréhensions face à ce changement radical, la CFTC est opposée à ce projet !

Néanmoins, conforme à ses principes et afin de défendre au mieux vos intérêts, la CFTC restera dans le dialogue en étant force de propositions auprès des décideurs du Groupe.